TÉMOIGNAGE D’UNE COOPÉRATIVE AYANT DOUBLÉ SA PRODUCTION GRÂCE À LA CNA

L’organisation collective des agriculteurs est un pilier essentiel pour améliorer la compétitivité et la durabilité du secteur agricole en Guinée. L’un des exemples les plus marquants de ces réussites est celui de la coopérative présidée par Ibrahim Camara à Koba, qui, avec l’appui de la FEMA (Federation des Coopératives de Guinée) et l’accompagnement de la CNA, a transformé sa production de riz. Ce cas révèle comment une structure rurale peut, grâce au soutien institutionnel et des innovations technologiques, atteindre des objectifs ambitieux et serve de modèle national.

CONTEXTE ET ACCOMPAGNEMENT DE LA COOPÉRATIVE DE KOBA

  • Localisation : Koba, région de Conakry.

  • Membres : Paysans locaux, initialement une dizaine, avec peu d’organisation avant l’intervention de la CNA et la FAO.

  • Capacités initiales : Production maximale de 22 à 23 tonnes de riz par an, avec deux employés permanents.

 

– Appui externe : partenariat FAO – CNA

Sous le pilotage affirmé de la CNA, un partenariat stratégique s’est noué avec la FAO pour :

  • Fournir semences de qualité et machines de décorticage,

  • Dispenser des formations à la gestion agricole,

  • Mettre en place des programmes de structuration coopérative.

 

– Rôle central de la CNA

  • Facilitation de l’accès aux technologies (bloc décisionnel, achats groupés).

  • Formation sur la planification, les critères de qualité, la traçabilité.

  • Accompagnement juridique et administratif, notamment pour l’enregistrement de la coopérative.

TRANSFORMATION ET RÉSULTATS OBTENUS

Progression de la capacité de production

  • Passage notable de 22–23 tonnes/an à 150–200 tonnes/an

  • Multiplication par 7 à 9 fois la production initiale en moins de 3 ans.

  • Embauche de 16 personnes permanentes en période de pic, contre 2 initialement.

Structuration organisationnelle

  • Enregistrement officiel de la coopérative.

  • Ouverture d’un compte bancaire collectif, élément clé pour la transparence et la gestion collective .

Qualité et valorisation du produit

  • Mise en place d’un processus de blanchiment et décorticage professionnel.

  • Démarche vers un label local (qualité, traçabilité) pour conquérir des marchés urbains .

  • Fidélisation de nouveaux clients urbains, autrefois fidèles au riz importé.

FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS

Politique incitative et appui technique

  • La CNA a mobilisé des moyens techniques et financiers via des actions gouvernementales (ex : subventions d’équipements agricoles jusqu’à 10 000 tonnes de maïs pour volaille).

  • Formations en gouvernance, gestion coopérative, marketing.

Adoption technologique

  • Machines à blanchir et décortiquer assurant un gain de productivité.

  • Sélection de semences certifiées et respect d’un calendrier routinier.

Organisation démocratique et responsabilisation

  • Constitution d’un conseil d’administration élu.

  • Transparence, crédit mutuel et rémunération collective.

  • Inclusion des jeunes et des femmes dans les instances techniques

IMPACT SUR LES MEMBRES ET LE TERRITOIRE

Création d’emplois et transformation locale

  • Embauche significative en saison pointe.

  • Retombées économiques positives dans la communauté : revenus accrus, consommation locale.

Innovation sociale et valeur ajoutée

  • Transition vers un modèle entrepreneuriale coopératif.

  • Début de labelisation et d’exportation potentielle : ambition soutenue par la vision de Camara.

Effet d’entraînement régional

  • La coopérative de Koba inspire d’autres initiatives dans la région.

  • Sensibilisation des agriculteurs à la démarche qualité et à la structuration.

CONCLUSION

L’histoire de la coopérative de Koba est une démonstration éclatante de l’impact positif du modèle coopératif accompagné, du choix de technologies appropriées et du rôle central de la CNA. Leurs résultats, avec une hausse par dizaines de fois de la productivité, le passage de quelques exploitants à 16 emplois structurés, illustrent la réussite d’une stratégie affirmée.

Pour la Guinée, il s’agit d’un modèle inspirant, relevant, reproductible et capable de transformer durablement l’agriculture. Afin de soutenir cette dynamique, la CNA doit renforcer son leadership, multiplier les formations, soutenir les initiatives coopératives, promouvoir la qualité et garantir une autonomie financière des structures rurales.